dimanche 7 février 2010

Je rêve à quand...

Allongée dans mon lit. Je suis en boule car je suis bien ainsi. Je garde ma chaleur entre mes bras et mes jambes repliées, la couverture me protège du soleil qui brille malgré les nuages opaques. Le temps est triste, ça ne m'empêche pas de guérir. Vingt et une heure sonne, je ferme les yeux. Je recherche au fond de moi quelques colères, elles sont parties. Subitement, depuis que j'ai entendu cette chanson d'Aznavour en fait*. J'ai compris et j'ai accepté, c'est une bonne chose. Je cherche encore la colère par habitude mais je ne récupère qu'un sourire. Ainsi je vais cesser de le hanter, il va pouvoir faire sa vie, comme il l'entend, c'est vraiment une bonne chose. Bientôt cela me rendra heureuse.

Je suis en boule car je suis bien ainsi. J'ai mal, mais je me soigne. Je m'applique, je travaille, je pense, je cuisine, je rêve à quand... Et puis quelle importance pourrait avoir ces douleurs puisque que de toutes façons je suis amoureuse du meilleur amoureux du monde et que je ne peux pas lutter ? Puisque de toutes façons dès qu'il sera avec moi je me lèverai, en un saut, et que je pourrai danser avec les oiseaux et les arbres. Puisque que de toutes façons il ne m'ignora pas, puisque de toutes façons nous construirons une maison dans les bois, que nous aurons une vue imprenable sur le lac et le temps qui arrivera droit sur nous ! Puisque de toutes façons cette mauvaise saison n'est que de passage, elle me l'a dit, elle va bientôt se faire remplacer.


Je me suis intéressée à l'abomination du monde aujourd'hui. Autant que je sois prévenue pour quand je le rencontrerai. Il m'a fait peur et m'a rendue triste alors pour changer l'atmosphère j'ai été en voir un autre, dans un magasin de rideaux. Là j'ai fait comme si rien d'autre ne se passait. C'était bien, et j'étais avec ma maman. Mais bon, je ne vais pas pouvoir faire ça toute ma vie. Bientôt il sera temps que je m'en occupe de ce monde, et que je trouve une solution.

Un jour mon dentiste m'a dit que lorsqu'on était intelligent il fallait (en gros) s'user pour les autres. Ça ne m'a pas plu, je pense que vous comprendrez facilement pourquoi. Figurez-vous, je me contenterai bien d'une maison de pierre dans la montagne avec trois ou quatre enfants et des carnets pour écrire des histoires à leurs raconter le soir et y faire sécher des fleurs et de la poésie. Je me verrai bien avec des cheveux blancs tressés sur le coté à cuisiner des légumes de saison (ce point est important dans mon rêve de repos) et dire aux araignées -qui à l'approche du froid demandent l'asile- qu'ici nous n'acceptons pas les animaux ayant plus de quatre membres. Elles cracheront peut-être sur le paillasson en sifflant "sale raciste". J'hausserai les épaules, quelle importance puisque de toutes façons je serai amoureuse ?

La réalité me semble tellement s'éloigner de ce futur idyllique... Je serai plutôt toujours avide de jeunesse et active, engagée j'espère à ISF (en principe j'entre en école d'ingénieur l'an prochain, n'oubliez-pas) stressée parce que j'ai déjà 26 ans et aucune vie en construction, aucune famille pour y cultiver mes valeurs. Parce que je n'ai même pas le temps d'apprendre le nom des fleurs et des insectes. Parce que les rides m'agacent, parce que je me suis coloré les cheveux quand une de mes collègues m'a fait une remarque et que maintenant c'est foutu. Parce que, à force d'aller trop vite, j'aurai peur du temps, peur qu'on ne m'aime plus, peur que de toutes façons je suis amoureuse disparaisse.

J'ai dit que je me soignais et que je pensais aux belles choses. J'arrête.

Je voudrais une robe rouge. Je mesure 1m62.

______
*Te dire adieu

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dimanche 31 janvier 2010

La compassion d'une araignée

BRÈVE

A moi de lire sur ma page d'accueil de Facebook que quatre personnes de mon entourage ont adhéré au groupe : Haiti a plus attiré l'attention en une semaine que la Palestine en 60 ans. Cette nouvelle me laisse pensive et quelque peu amère. Que signifie ceci ? Qu'on parle trop de Haiti ? Ou nous rappelle-t-elle à l'ordre en disant qu'il faudrait aussi pensez à ceux qui ne subisse pas les dommages de la nature mais à celui des hommes ? Elle comporte de toute évidence une comparaison, entre Haiti et la Palestine, une comparaison dictée sur un ton désolé. Pas que Haiti ! Et aussi la Palestine ! Je souligne alors le problème majeur de toute cette histoire :
"Il faudrait huit yeux à chaque homme pour qu'il puisse se préoccuper du malheur de chacun de ses voisins. Malheureusement, nous sommes bien loin de posséder la compassion des araignées..."
Je ne préconiserai rien. J'en suis juste incapable.

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mardi 26 janvier 2010

Trois Miss

L'histoire commence avec Miss Cheveux Jaunes et Miss Cheveux Verts, deux jeunes filles qui s'entendaient plutôt bien. Même très bien : elles devinrent amies et d'amies ce qu'il y a de plus facile en tant qu'amies, je veux dire qu'elles étaient très complices, se balançaient des histoires d'autres filles d'un ton psychologue et le soir, tout bas, relataient leurs belles histoires d'amour aux reflets de défit. Tout allait bien car leur compagnone, Miss Cheveux Rayés, était jusque là bien absente, les laissait tisser leur amitié d'amies tranquillement, gardait la distance.

Et puis un jour Miss Cheveux Rayés tomba elle aussi amoureuse, elle réclama un peu plus d'espace dans leur petit trio pour accueil l'amoureux. Très vite cela gêna Miss Cheveux Jaunes et Miss Cheveux Verts car cet espace que Miss Cheveux Rayés réclamait s'agrandissait à vue d'oeil et était prêt à les étouffer. Elles le reprochèrent à Miss Cheveux Rayés et s'ensuivit la création de nombreuses "règles" de moins en moins sympathiques pour cette dernière. Miss Cheveux Rayés s'en voulait de gêner ainsi ses compagnones et les accepta les unes après les autres.



Le problème est que Miss Cheveux Jaunes et Miss Cheveux Verts oublièrent que la vie en communauté n'est pas seulement faire en sorte qu'on ne gêne personne, mais d'avantage faire en sorte que chacun puisse vivre à son aise au maximum. Il est évident que lorsqu'on vit à plusieurs il n'est pas possible d'avoir un confort équivalent à celui que l'on a connu chez soit, dans sa grande maison où il était si facile de fermer la chambre à clef pour être en paix. Miss Cheveux Jaunes et Miss Cheveux Verts oublièrent que certaines choses que faisaient Miss Cheveux Rayés étaient importantes pour son bien être et la concession qu'elles devaient faire pour le supporter était bien faible à côté de ce bien être accordé.

Miss Cheveux Rayés pour se rattraper des gênes qu'elle avait occasionné n'oubliait jamais ceci, mais face à Miss Cheveux Jaunes et Miss Cheveux Verts de plus en plus intolérantes, sa compréhension paraissait bien faible. Leur relation se dégradait inéluctablement. Un jour vint où Miss Cheveux Jaunes reprocha à Miss Cheveux Rayés quelque chose que Miss Cheveux Rayés jugea injuste et illogique. Sachant que pour une fois elle n'avait enfreint aucune règle, Miss Cheveux Rayés ne s'excusa pas comme elle en avait l'habitude, ce fut la misérable rébellion de Miss Cheveux Rayés...

La suite de cette histoire, votre dévoué et impartial narrateur ne la connait pas encore mais il sait que les trois Miss sont bien trop grandes pour que leur morale s'adapte. Il peut ainsi deviner qu'elles sont assez intelligentes pour ne pas aggraver les choses mais que chacune de leurs actions sera un appel à ce que chacune appelle le respect et la tolérance. A celle qui fera la meilleure démonstration !

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vendredi 22 janvier 2010

Pour oublier

Je bois pour oublier. Je bois du thé. Pour oublier que les tomates me manquent et que vivement l'été ! A dix heure dans l'amphi nous voici tous les fesses collées au radiateur au fond de la salle, tous alignés, comme un troupeau d'étourneaux sur leur fil électrique. J'en ai assez de la salle de physique où pour préserver la sainte lumière du laser les fenêtres sont cachées sous de lourds rideaux noirs. Je n'ai pas osé les tirer en chimie ce matin, j'ai pensé qu'il était logique que le soleil du nouveau printemps n'entre pas dans l'amphithéâtre. Je me suis sentie bête quand j'ai vu qu'il était possible de les tirer. [Un grand mystère entoure le laser que nous utilisons en classe : il entre de la lumière verte par derrière et sort du rouge !]



--Il y a quelque chose que je ne vous ai encore jamais dit : notre bâtiment prépa ressemble comme deux gouttes d'eau à un énorme satellite ! L'escalier du milieu forme le corps du satellite et les amphi de chaque coté, avec les fenêtre bleu-noir, ressemblent aux panneaux solaires. La ressemblance pourra vous frapper si vous venez aux portes ouvertes, demain à partir de 10h, et que vous faites le tour par derrière. Vous vous éloignez un peu, de façon à voir le bâtiment en entier, et alors à vous aussi, la comparaison vous frappera, j'en suis sûre.--

19h arrive, je suis fatiguée et je manque d'inspiration. Je suis aspirée dans le grand vortex de la routine. C'est fatigant.

Je vous propose une lecture pour changer un peu de registre :
Nous ne sommes plus sur Terre.

















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mercredi 20 janvier 2010

...

Ce ne sera qu'un lien : Parole en Archipel, le blog de Thelyson Orélien, un ami.
C'est d'actualité.

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mercredi 30 décembre 2009

Alyanie : Vacances et Paris

Il m'ouvre la portière, j'entre dans la voiture en faisant attention à mon grand chapeau. Il a prit soin un peu avant de décapoter son char pour que les plumes du couvre-chef ne plie pas la carrosserie. J'avais la tête haute, je venais d'être élue Grand Cataclysme Terrestre, je n'espérai pas tant, je remercie d'ailleurs ma coiffeuse.

Il entre à son tour, à ma gauche. Je regarde l'horloge de la voiture. "Ciel ! Il est minuit !" Il me regarde avec méfiance. Je lève les mains pour bien montrer que je suis innocente. "Ce n'est pas moi !" dis-je en insistant. Il ne va pas chercher plus loin, acceptant l'heure à reculons. Il est difficile de vivre avec un Grand Cataclysme Terrestre, il le sait. Premier problème : il sera toujours minuit dans sa voiture de course.

Deuxième problème, un Grand Cataclysme Terrestre porte un grand chapeau. Dans les trottoirs à piétinerie de Paris ce n'est jamais bien pratique, mais il faut faire avec. (le chapeau) Et puis lorsqu'il y a du vent il faut avoir de bons réflexes car je peux m'envoler à tout moment, sans prévenir je dis bien, quoique je sente bien un peu venir le coup. Ce n'est pas un problème pour lui, il est grand et très fort. Il m'attrape par la patte et me ramène au sol. Comme ça je ris, je ne crains rien.

Je prépare un plan. Pour voler la coupole dorée du printemps. Je demande à l'AgileMonFrère de descendre jusqu'à elle puis de la dévisser dans le sens contraire des aiguilles d'une montre. Là j'installerai un petit parachute puis nous la lancerons dans le vide vers la rue. AMF s'accrochera à ma taille, je prendrai mon chapeau à deux mains et nous sauterons à notre tour. En bas, les passants se seront éloigner en criant lors de la chute de la coupole, les enfants sous le bras, les flammes dévorant Paris la police débordée par tant de débordement. Nous fuirons en camion banalisé, à travers tout le pays, jusqu'à la mer. J'installerai la-dite coupole dans mon jardin, pour mettre le courrier dedans.


J'ai rarement reçu autant de grosses lettres. J'ai rarement mis autant de courrier à la poubelle sans l'avoir lu. Pourquoi est-ce seulement les écoles de Paris qui pensent à moi ? Pourquoi viennent-elles toujours de là où l'on gronde les hommes parce qu'ils tirent la sonnette d'alarme ? Parce qu'ils ont eu peur pour quelqu'un d'autre qui est resté sur le quai recouvert d'égratignures ? "A cause de vous monsieur le train va rester immobiliser trois minutes" Ta gueule et démarre crient les autres riverains.

J'ai revu Avatar, J'aime encore !

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samedi 26 décembre 2009

La Guilde de Lyste

Un légende raconte qu'un roi orgueilleux, méprisant et vicieux s'éprit d'une jeune artiste de la rue. Il la fit enlever et tenta de la soustraire à ses vices. L'artiste se défendit et fendit de ses ongles la joue du roi.
"Je ne suis pas de vos sujets, tyran !" lui cria-t-elle "Vous ne pourrez rien m'ordonner !"
"Dis moi d'où tu viens vilaine femme !"

Le roi enrageait. Tous ses désirs étaient toujours exhaussés, il ne pouvait supporter un tel manque de respect venant d'une fille des rues. Lorsqu'il connaitra le royaume d'où venait cette femme, il fera punir à toute la contrée son refus.
"Je suis une fille de la Guilde de Lyste, votre majesté"
"Ainsi donc tu n'as pas de roi..."
"... Sinon mon art."
"Bien ! Je connais vos lois. Je ne peux rien t'ordonner dis-tu ? C'est ce que nous allons voir ! Tu dis n'obéir qu'à ton art, sorcière, et lequel pratiques-tu ?"
"Je suis danseuse.."


La jeune femme commençait à craindre les idées du roi. Le roi appela sa garde et la fit tirer jusqu'à la cours de son austère château. Il ordonna à ce que tous ses sujets, tous les paysans qui travaillaient sa terre viennent assister au spectacle. Quand tous furent rassembler, il tint ses paroles.
"Fille de la Guilde de Lyste, danse pour mon moi et mon peuple ! Danse jusqu'à ce que tu te retrouves épuisée à me réclamer un peu de considération, toi qui t'es refusée à mes désirs !"
Les musiciens du roi commencèrent à jouer, et la jeune danseuse à danser. Les spectateurs étaient exaltés.

Dès le premier jour les pieds nus de la jeune fille saignèrent sur les pierres de la cour du château mais toujours lorsque les musiciens mollissaient le roi criait "Encore !" de toutes ses forces.
Le second jour le soleil chauffait même l'intérieur du château. Le roi se fit apporter plusieurs boissons mais ne donna rien à la jeune femme.
La danseuse ne pouvait désobéir à l'ordre de danser, c'était une règle majeure de la Guilde. Au troisième jour, elle commençait à ne plus pouvoir lever ses jambes pour répondre au rythme imposé par les musiciens du roi.
Et puis, au bout du quatrième jour, la pluie tomba sur la cour du château et un miracle eu lieu. Alors que le roi s'affaissait sur son siège, réclamant à toute voix qu'on le protège tout de suite de la pluie, la danseuse reprit peu à peu des forces. Les musiciens furent obligés de durcir le rythme pour suivre les gestes de la jeune femme.
Une semaine écoulée, un chapiteau fut construit autour du roi pour le protéger du soleil et des intempéries et la jeune femme dansait comme s'il venait de lui demander de commencer. Le seigneur était de très mauvaise humeur. Il réclamait toujours plus d'eau et de nourriture, il s'affaiblissait à vue d'oeil tandis que la danseuse paraissait en pleine forme. Ses pieds guérissaient. Mais la blessure de la joue du roi s'infecta.

Au bout d'un mois, le roi mourut. La danseuse s'arrêta alors. Elle tomba sur le sol, fatiguée. Tous s'affolèrent autour du seigneur, il n'avait pas d'héritier. La danseuse partit, avant qu'on ne fasse attention à elle, rejoindre sa troupe.

La Guilde de Lyste rassemble les plus grands artistes. Ils possèdent la connaissance du beau et de l'art et se doivent de la partager avec tous ceux qui le réclameraient. Mais gare à celui qui voudrait en abuser, il est dit que les membres de la Guilde de Lyste, par leur art, sont capables de tirer leur survivance de la Terre tendit que celui qui n'est pas initié pourrait trouver la mort devant ce savoir.

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jeudi 17 décembre 2009

Alyanie : Car ça me turlupine

Un centre commercial. Des escalators. Des gens dessus. Des centaines qui montent, d’autres centaines qui descendent. Des odeurs de parfum, une de pisse de chat, une de celui qui n’a pas eu de bain chaud depuis un mois et demi. Un homme plus pressé. Sa valisette qui pousse les cabas qui s’entassent qui grogne contre l’homme qui pousse. Juste des baragouins.

Un courant d’air voltige dans tout ça. Il s’emmêle dans ses cheveux, et il devient extraordinaire. Ca fait des paillettes dorées, mes yeux brillent en voyant le spectacle. Il s’arrête, lui et le courant d’air, juste devant moi. Ils me regardent, j’ai peur qu’ils prennent le large. Finalement il me sourit. « Je suis amoureuse de toutes façons » que je voudrais dire, puis faire comme si sa face ne m’animait point. Ca marche bien de dire qu’on est amoureuse, pour échapper aux garçons. En plus, dans mon cas c’est vrai, raison de plus !

Sauf que voilà, c’est de lui que je suis amoureuse.


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mardi 1 décembre 2009

Colle d'Anglais

La pire invention du siècle : la colle d'anglais ! (enfin... juste après la bombe A...)

L'horreur qu'on nous inflige à parler dans une langue mal maitrisée,
à, de ce fait, donner son opinion sur un sujet déjà mille fois réfléchis,
à répéter des phrases apprises par coeur pour ne pas faire langue vide,
à nous tenir éloigné de toute créativité, de toute envolée de l'expression, de la recherche de la juste concordance, de tout l'intérêt du verbe... !

Bien heureux est celui qui s'est vu grandir la bouche en patte-d'oie, à celui qui connait différents chemins pour le langage.
Perdu est celui que l'on battra pour ne pas avoir su ajouter à son vocabulaire la consonance de quelques peuples lointains.







To conclude...
La colle d'anglais, c'est tout pourri !

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samedi 21 novembre 2009

Alyanie : Amalgame

Je me suis bien lavée les mains. Avec du savon brun, jusqu'au coude. J'ai aussi nettoyé ma nuque, frotté mes joues. Très fort, ma peau devint très vite rouge, le savon était râpeux. Le visage plein de savon, les yeux gonflés, la tête penchée vers l'évier, je ne pouvais me détacher du gouffre d'égout qui s'enfonçait dans le noir. Si j'étais une araignée, ce trou serait ma plus pure terreur.

A la caisse du centre commercial, devant moi, un homme crapaud. Il était vieux, sa peau plissait devant ses yeux, sa bouche tombait, son ventre gonflait devant lui, des bières et du beaujolais s'alignaient sur le tapis de la caisse. Partout sur son visage, son crane, et ses mains d'énormes pustules proéminaient. C'était bel et bien un homme crapaud. A faire peur aux enfants, à impressionner même les plus grands.

Sa femme était avec lui. Elle vidait le chariot et je ne sais pour quelle raison elle se mit à jeter les articles sur le tapis. Son mari indigné lui demanda d'arrêter. La femme se mit à rire et continuait à jeter les articles avec désinvolture. Les fruits roulaient sur le tapis, les bouteilles s'entrechoquaient. Mais arrête donc ! Fais attention ! Rien n'y faisait. L'homme crapaud abandonna, appuyé sur le chariot il la laissa faire. Tu vas finir par briser quelque chose. Elle lança des crèmes au chocolat, très mal, tout comme le reste, mais cette fois il rebondirent sur le chariot et s'étalèrent sur le sol. L'homme soupira. Il s'apprêtait à se baisser pour les ramasser mais j'étais déjà dessus.

Je me demandais quelle folie pouvait bien frapper cette femme. Quelle idiotie ! Elle semblait s'en foutre complètement... Je pris les crèmes, du chocolat dégoulinait des paquets.
"Alors, ils sont éclatés ? demandait la femme au loin
- Oui, ils ont éclaté, dis-je tout bas, épuisée.
- Oh puis c'est pas grave ! Ce n'est rien ! répondit la femme à personne, elle n'avait pu m'entendre."

Je me relevais et tendis les crèmes à l'homme qui attendait. "Il y a du chocolat un peu partout..." dis-je en dirigeant mes yeux vers lui. J'en profitais pour analyser ce visage ravagé. Je ne pouvais revenir de ses protubérances. Mon regard glissa jusqu'à ses paupières gonflées et là, à mon grand étonnement, je perçus une larme !

C'était une larme d'intelligence. De celles que j'ai vues ou devinées quelques fois dans les yeux de ses esprits incapables de s'exprimer comme ils sentent qu'ils devraient le faire. De ses hommes si sensibles qu'ils pourraient devenir les plus grandes consciences du siècle ! Alors malgré son affiliation aux amphibiens je lui souris comme je souris à chacun de ses hommes. Il renifla, me prit la crème, et se détourna tourmenté. "Merci bien, dit-il à son épaule" Il posa la crème sur le tapis sans répondre à sa femme.

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dimanche 15 novembre 2009

Artistique


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samedi 7 novembre 2009

Alyanie ne se détache pas du sablier


J'ai rajouté du bruit sur une photo pour qu'elle soit plus jolie, j'écoute une musique volontairement vieillie, comme mon jeans à l'aspect délavé... Le vieux a comme quelques airs de noblesse. J'attends d'avoir les cheveux grisonnants, mes cheveux poussent exprès pour ce temps où je pourrais les tresser comme de la vieille laine. Je pationne le temps, je joue avec lui en l'attendant : je change la dates de mes anniversaires, j'homothétite le depuis quand on est ensemble, je souffle sur la poussière pour jeter mes vieilles affaires mais je note régulièrement les jours qui passent avec minutie.

On m'a offert un carnet de cuir de lama, j'ai une mine de plomb, je griffonnerai dedans. Quand l'inspiration me manquera je ferai juste un trait vertical comme les prisonniers dans leur cellule, il prendra toute la page ! Un jour il sera plein, je ne pourrais plus rien écrire, plus de place ! Ce jour là je le fermerai avec un grand sourire, je passerai rapidement les pages avec mon pouce et puis je lèverai les yeux et devant moi s'étendra tout le reste, tout ce que je n'aurai pas encore eu l'occasion de noter, et encore plus loin il y aura moi avec les yeux plissés, avec une vieille bouche, et les cheveux gris.

Cette après midi j'ai trouvé un sablier dans la cuisine. Un vrai : avec le sable rose dedans. Je l'ai renversé et le temps a filé dans l'entonnoir. C'était fabuleux comme il avançait vite ! Encore plus fort que dans les toilettes la petite aiguille de la montre avant que ma trotteuse saute. J'ai brisé le sablier et à l'aide d'un microscope j'ai tenté de voir le temps à l'intérieur des grains de sable. J'ai découvert beaucoup de chose, alors, et je trouve réducteur le coup de l'anglais qui veut que le sablier ne mesure que les oeufs.

J'ai appris que le présent existait, il était dans les grains quand ils ne résonnaient plus. Les veinards ! J'en ai ouvert un et avec une pince à épiler j'ai extrait le présent. Je l'ai étiré et je l'ai enroulé autour de mon doigt. C'était joli. Puis je l'ai mangé. C'était bon. Mais pas très copieux : le présent est tout petit.

Maintenant faut que j'aille à table. C'est de la raclette, je ne vais pas manquer ça ! Je cache les grains de sable qui restent, je me les réserve pour plus tard.

Quand j'aurai mangé tout le présent, il ne restera plus rien et enfin j'arriverai plus tard ! J'arriverai demain, j'arriverai dans bientôt ! J'espère y être bien accueillie.

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mardi 3 novembre 2009

Alyanie : Va voir le sorcier

J'avais une anémone sur le pouce depuis plusieurs mois déjà. Elle commençait à me déranger : tous les matins à mon réveil elle me collait encore au doigt ! De quoi devenir fou. A croire qu'elle voulait faire concurrence à Chance, quelle naïveté ! Enfin bref, il fallait agir. Je suis donc allée voir le sorcier.

Il était plutôt grand et maigre dans sa grande tente de peaux. A mon arrivée, comme s'il l'avait prédit depuis longtemps, des herbes fumaient déjà dans un poêle. Il me prit par l'épaule et l'écrasa pour me faire assoir sur un pouf en nid d'oiseau. A l'intérieur du coussin je sentais des épines darder mes fesses. Il incanta pendant plusieurs minutes avant de me demander quelle folie me poussait à venir le voir en plein automne : "Alors que finissent de pousser les champignon ! Tout juste ! Les meilleurs de la saison !" Je m'excusai et je lui tendis mon pouce.

Le sorcier réajusta sa tunique de plume, replaça ses rondes lunettes rouges et scruta attentivement l'anémone. Il se mit à siffler longuement en relevant la tête vers moi : "Mais c'est une anémone ça mademoiselle !" J'acquiesçai avec énervement. Alors, sans me laisser le temps de réfléchir il me prit le pouce le tira jusqu'au poêle, je dus m'agenouiller devant le feu. Il sorti un canif de sous sa tunique et de la lame traça une croix rouge brillante sur l'anémone. Je grimaçai. Il me lança alors : "Ne bougez pas ! ... Je vais vous expliquer..."

A main nue il prit quelques herbes fumantes et les écrasa sur mon pouce. "La douleur est en deux mouvements..." Il secoua sa propre main pour éviter de se bruler lui même. "J'applique le produit et vous avez mal..." Avec un coton gris il appuya sur mon pouce afin que les herbes pénètrent la plaie. "Puis la douleur s'apaise." Il s'apprêtait à reprendre des herbes quand je grimaçais de nouveau. "Et finalement la douleur reprend, beaucoup plus vive, mais à ce moment je ne fais plus rien."

Le sorcier m'appliqua ainsi trois ou quatre fois les cendres des herbes médicinales. A la fin de l'opération j'avais le pouce comme une ampoule, il me faisait terriblement mal. "L'action se fera sur un mois, me dit-il, je ne sais pas si elle partira du premier coup, c'est assez aléatoire..." Je fis oui de la tête. J'espérais que la douleur partirait vite.

Mais voilà, mon pouce est rougi et l'anémone est toujours présente... Vivement qu'elle meurt ! Je ne veux pas retourner chez le sorcier...

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dimanche 18 octobre 2009

Alyanie : Fume dans le froid


[Début de l'hiver, les radiateurs gargarisent. Le professeur de maths s'arrête un moment puis continue comme si de rien n'était mais j'écoute encore l'eau qui glougloute et dehors un petit vent frais de Sibérie qui avance vers nous en chantonnant : vouuuu... vouuuuhouuu... Les vents chantonnent nonchalamment, c'est dans leur état normal. Mes mains prennent leur température d'hiver et j'ai des envies de lectures devant une cheminée, de promenades cachée dans une écharpe à fumer l'air ambiant autour d'un lac au bord duquel l'herbe craque. En des temps comme celui-là je pense beaucoup au Québec, quoique jamais je ne l'ai connu vraiment rafraichi...]

Devant moi j'ai une boite en verre, dedans j'ai enfermé une luciole. La dernière de la saison probablement. Elle se repose dans un coin, bouge quand je secoue la boite, retombe parfois complètement sonnée. La luciole est malheureuse ça se voit, mais je m'en fous car ce n'est qu'une luciole et je ne l'entends pas crier. J'ai souvent envie de la croquer pour savoir quel gout elle peut bien avoir mais je me dis que ça ne vaut pas le coup, elle m'est bien trop utile. La nuit quand j'ai besoin d'un peu de lumière je souffle dessus jusqu'à ce qu'elle s'éclaire. Si sa lumière vient à baisser je souffle plus fort pour la raviver et si elle refuse je la baigne dans l'eau pour qu'elle boit la tasse... elle abdique toujours la conne.

Tous les soirs son ventre gargouille. Je bois du lait concentré devant son nez, elle me regarde dégoutée. Elle rêve de se tirer de là, elle rêve de partir loin pour le palais d'un grand sultan. Ahah ! Je vois tout ça dans ses petits yeux ! Elle est bien naïve je pense, jamais elle ne survivrait de toute façon seule dans la nature. Avec le froid, les oiseaux et les crapauds. Tous se rueraient sur elle, ils lui souffleraient avant de la gober qu'elle a fait le mauvais choix, petite, vois comme tu es vulnérable maintenant ! Non le mieux c'est que je la garde dans ma boite en verre, le mieux c'est qu'elle reste ici à regretter la liberté.

Le mieux du mieux c'est que je continue à la fatiguer pour qu'elle sorte le meilleur d'elle-même, le doux jus de ses capacités. Adieu le plaisir, bonjour le profil ! Mais aidez-moi ! Qu'on la crève ! Qu'on l'encourage à rester, qu'on lui fasse rêver des aménagements dans sa petite boite, qu'on lui dise qu'elle est faite pour produire alors que nous sommes tous d'accord : tout ça ne rime à rien, n'est-ce pas ? Tenons-la éloignée de sa jolie nature de luciole, de voltigeuse, de colporteuse d'images...

Peut-être que ce soir, sachant tout ça, vous aurez un peu de pitié pour cette luciole, pauvre petite bête... !

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